dimanche 24 mars 2024

Nouveau Plaidoyer

RAYON VERT DE STRASBOURG 

Pour qu’on ne l’oublie pas, nouveau plaidoyer en faveur de la restauration d’un élément du patrimoine culturel alsacien, le fameux Rayon Vert de la cathédrale de Strasbourg (À 11h38 le jour du printemps, à 12H24 le jour de l’automne. Photo DNA) Gustave Klotz signe ainsi, en Maître Maçon, l’ensemble de son œuvre à la tête de l’Œuvre Notre-Dame.

Ci-dessus le rayon vert de Strasbourg sur le dais de pierre qui surplombe le Christ de la chaire et ci-dessous le vitrail de Juda au triforium méridional (deuxième personnage dans la quatrième travée) dont le pied gauche crée le rayon vert.


Le mercredi 20 mars 2024 c’est le jour du printemps, et à Strasbourg, c’est traditionnellement le jour du rayon vert sur le dais de pierre qui surplombe le Christ de la chaire de la cathédrale à 11H38 précises. Ce merveilleux spectacle cosmique observable depuis plus de cinquante ans faisait le bonheur d’un public admiratif et chaque année plus nombreux.

Malgré (ou à cause de ?) ce succès, le 16 mars 2022, sur ordre de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), le rayon a été supprimé. Supprimé pour la simple raison avancée, mais pas forcément la seule, que nous n’avons pas à ce jour la preuve de son caractère intentionnel. Le message « Le soleil passe par mon pied » inscrit dans le dessin du personnage de Juda dont le pied crée le rayon, ne constitue pas une preuve suffisante aux yeux des spécialistes de la DRAC de Strasbourg. Et pourtant, Juda regarde ostensiblement le vitrail circulaire représentant un soleil situé au-dessus de son épaule droite, tandis que à l’aide de son bras gauche il maintient son habit bleu soulevé pour en dégager sa cheville, et que de l’index droit il pointe son pied gauche créant le rayon.

Rappelons que le vitrail de Juda a été conçu, dessiné, mis en place, et réceptionné le 8 août 1875, au triforium méridional sous la direction de Gustave Klotz, architecte de l’œuvre Notre-Dame, par ailleurs franc-maçon affilié à la loge symbolique « Les Frères Réunis » du Grand Orient de France à Strasbourg, loge au sein de laquelle il menait ses réflexions sur le symbolisme. Cela expliquant peut-être l’hostilité du clergé actuel envers ce beau rayon vert, qui serait pour lui « œuvre de Satan ». Si l’on ajoute à cela que le rayon vert, qui a la mauvaise idée de se manifester cinquante-huit minutes avant le midi solaire local, par sa présence sur le tablier avant de la chaire deux fois sept jours par an, gène la perception des droits d’entrée pour assister au défilé des apôtres sur la célèbre horloge astronomique de Schwilgué, on comprend vite que le rayon vert de Strasbourg n’est pas le bienvenu pour les finances du Conseil de Fabrique de la cathédrale.

Depuis ce printemps 2022 et la pose sur ce pied d’une patine grossière réversible mais trop épaisse, le verre qui créait le rayon a perdu sa transparence, le rayon a tout naturellement disparu et le merveilleux spectacle qu’il produisait sur la chaire avec lui.


Le dessin du personnage de Juda contient, d’origine, un message explicite :



  Ci-dessus, Jacob et Juda in situ, et à droite, gros plan sur Juda délivrant son message :

« Le soleil passe par mon pied gauche »

 

Rappelons que ce rayon vert fait partie d’un dispositif plus élaboré encore, puisque existait déjà un rayon blanc du solstice d’hiver, qui pointait au même endroit de la chaire, le jour de l’hiver. Ce rayon blanc a disparu lors des derniers travaux de restauration des vitraux du bas-côté sud.

Malheureusement, à Strasbourg, rénovation rime ici avec destruction.





Et qu’on ne dise pas que ce repérage des saisons sur le dais de pierre qui surplombe le Christ de la chaire est une coïncidence fortuite. Ce serait faire preuve de mauvaise foi. Bien au contraire, on a, là, la preuve de la volonté de Klotz de nous délivrer son dernier message :

« À bon entendeur, salut et fraternité ».

Une action en justice menée par Me Julien LAURENT, avocat à Strasbourg et porteur d’une pétition, a été engagée pour contester cette intervention non justifiée privant les Strasbourgeois d’un phénomène admirable et pour tout dire unique en France sous cette forme particulièrement élaborée. La pétition qui a été lancée pour son rétablissement a recueilli à ce jour 4359 signatures.

La procédure est en cours devant la Cour Administrative de Nancy. Aucune date d’audience pour examiner notre appel n’a été fixée.

Cela ne nous empêche pas d’espérer que la sagesse de la Cour prévaudra et que la décision de bon sens, favorable et tant attendue, tombera bientôt. Ce qui permettrait de revoir dès le printemps prochain le rayon solaire sur le dais.

Ce rétablissement serait l’occasion de lancer les études et recherches pour clarifier les circonstances ayant abouti à la production d’un rayon si éclatant en lieu et place d’un rayon d’origine vraisemblablement plus discret. Cette discrétion pourrait expliquer qu’il soit resté si longtemps « inconnu du grand public », ce qui ne veut pas dire inconnu de tous.

Ce travail de clarification aurait dû être mené avant toute intervention sur le pied de Juda. C’eut été logique et professionnel, en lieu et place de cet acte insensé qu’a été l’occultation du rayon, comme pour TRAVESTIR L’HISTOIRE DU MONUMENT.

Peut-être un « crime culturel », assurément une bourde, par manque d’intelligence.



Un fabuleux spectacle

Dans cette perspective optimiste, et pour que ses admirateurs puissent prendre leurs dispositions afin de ne rien manquer de ce spectacle d’une rare beauté, je mets en pièce jointe, l’annonce du prochain rayon vert qui devrait se déplacer sur le tablier de la chaire du 20 au 26 mars prochains. Le rayon vert de Strasbourg fait partie du patrimoine culturel de l’Alsace, il faut le défendre lorsqu’il est dans l’adversité.

Merci d’en informer vos lecteurs. Les 4359 signataires de la pétition, originaires de toutes les régions de France comme de l’étranger, et les Strasbourgeois dans leur ensemble, vous en seront infiniment reconnaissants.

Rappel du contexte de l’affaire :

 

 

Pour le rayon :

 

- Sa découverte date de 1972, après plusieurs années d’intenses recherches que j’ai menées dans le cadre d’une étude intitulée « Formes et symboles utilisés dans les arts sacrés ».

- Le phénomène attire, chaque année, de plus en plus de monde.

- La question de l’acte volontaire fait polémique car il n’y a pas de traces écrites dans les archives consultées. Heureusement le message inscrit dans le dessin du personnage de Juda est explicite pour les observateurs de bonne foi.

 

 

Pour l’architecte :

 

 

Gustave Klotz, le père du Rayon Vert

 

Gustave Klotz est né à Strasbourg en 1810 et y est décédé en 1880.

- Il a été architecte de l’œuvre Notre-Dame de 1837 jusqu’à sa mort.

- On lui doit la tour de croisée du transept, dite « Tour de Klotz ».

Pour la réflexion symbolique qui devait présider à son travail d’architecte éclairé, il faut rappeler que Gustave Klotz était membre affilié de la Respectable Loge Symbolique « Les Frères Réunis » du Grand Orient de France, à l’Orient de Strasbourg.

Il figure sur le tableau de loge daté de 1841, à la page dix reproduite ci-dessous.

(Conf. Livre Numérique Google)

 




Et ci-dessous
le devis du 12.11.1874 pour la réalisation des figures de la 4ème travée du triforium, dont celle de Juda, tiré de

 « Gustave Klotz 1810 – 1880 d’après ses notes, ses lettres, ses rapports »

Strasbourg 1965 – Société nouvelle d’impression MUH-LE ROUX à Strasbourg 45, Fossé des Treize (EN NOVEMBRE MIL NEUF CENT SOIXANTE CINQ).

 Par Jacques Klotz, son petit-fils, père de Jean Klotz qui m’a remis l’ouvrage le 28.11.2014.


Dorénavant, en plus de la tour qui porte son nom, on devra aussi à Gustave Klotz le « Rayon Vert de Strasbourg ».

 

 

 

 

Pour en savoir plus, aller sur : À propos de l'origine du rayon vert de Strasbourg (rosartquindici.blogspot.com)

 Ou sur : Ma réponse à Simone Schultz au sujet du rayon vert de Strasbourg (rosartdieci.blogspot.com)

Les articles publiés, répertoriés de A à R, sont consultables sur :

https://rosartnove.blogspot.com/2013/


Un spectacle éphémère, fascinant par sa beauté, sa précision, sa régularité, son mystère, qu’il serait « criminel » de faire disparaître sous le prétexte fallacieux qu’on ne saurait pas avec certitude à qui on le doit. Mais à Klotz, pardi !

Encore faut-il, pour s’en convaincre, ouvrir grand les yeux avec intelligence, et accepter, sine qua non, l’idée que Gustave Klotz, à l’apogée de sa vie artistique, ait voulu signer à l’aide de ce génial rayon vert, symboliquement et dans la discrétion, bref en Maître Maçon qu’il était, l’ensemble de son œuvre dans la cathédrale de Strasbourg.

Non ce n’est pas trahir un secret maçonnique que d’affirmer ici qu’il respectait ainsi magistralement la tradition séculaire de la Franc-Maçonnerie. Quant à moi, pour ne pas faillir à mon devoir, tout simplement, j’ai dit.

Vendenheim, le 13 mars 2024

Maurice Rosart :.

PJ : L’annonce du rayon vert du printemps 2024 à diffuser largement si d’aventure la Cour d’Appel de Nancy demandait le rétablissement du RAYON VERT avant cette date.







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