vendredi 20 avril 2018

Chapelle Sixtine, découverte d'un nouvel autoportrait de Michel-Ange

Chapelle Sixtine, découverte d'un nouvel autoportrait de Michel-Ange


Michel-Ange par lui-même pour signer sa fresque "Le Jugement dernier"

Les fresques réalisées par Michel-Ange sur une commande du Pape Jules II n'en finissent pas de nous édifier.
Jugez-en avec ces deux décryptages tirés de 
"Le sens caché depuis la nuit des temps des rituels religieux de l'occident".




Détail :
Lilith, de la main à la main, transmet un phallus doté de ses bourses


Détail :
Lilith puise le sperme à la source
Et Adam diabolisé est représenté là en premier des damnés





Et pour ceux qui en douteraient, voici les détails remarquables communs aux deux portraits.



Et pour susciter l'adhésion du plus grand nombre






Bonne découverte.


jeudi 15 mars 2018

Prochain rayon vert de Strasbourg. Renseignements utiles pour ne pas manquer ce spectacle d'une rare beauté.


Prochain rayon vert dans la cathédrale de Strasbourg

Le 21 septembre 2018 le rayon vert sera centré sur le visage du Christ de la chaire



Voici les liens qui donnent accès aux sites mentionnés ci-dessus :


Et surtout pour convaincre les derniers sceptiques, s'il en reste :


jeudi 21 septembre 2017

Le sens caché des rituels religieux


Le mythe de l’éternel retour aux origines

Liste des décryptages présentés dans
« Formes et symboles utilisés dans les arts sacrés » de Maurice Rosart.
Ils mettent en évidence

"Le sens caché depuis la nuit des temps 
des rituels religieux et ésotériques de l’Occident"

Du symbolique à l’imaginaire en enjambant le réel, et inversement.


Ou comment l’humanité a intégré dans l’inconscient collectif qu’elle est sortie de la Terre, telle un somptueux coquelicot.





Les décryptages qui suivent de A à Q, vont nous permettre, en remontant le cours de l’histoire du monde, de pointer la préoccupation constante de l’humanité.

« Le mythe de l’éternel retour aux origines »

Ce mythe explique les pratiques religieuses et ésotériques de nos sociétés occidentales. Il rassemble ce qui au premier abord apparaît comme épars, mais qui exprime en réalité une belle et même idée de la Vie dans l’univers :


Une fleur gracile, fragile, sublime quintessence du cosmos, qui est sortie un jour des entrailles de la Terre.





A)      La cathédrale, femme représentée dos au sol et jambes en l’air :

Elle  concrétise par biomimétisme* « La mise en forme d’une aspiration chevillée depuis les origines dans les profondeurs de l’Homme ». (DNA 12/06/1984 – conférence « Et si les cathédrales avaient 25000 ans ? »)




* Biomimétisme :
 Démarche tout à fait rationnelle qui consiste à reproduire artificiellement les propriétés essentielles traduites dans les formes d’un système biologique pour en récupérer tous les effets.   (Ex. Extrémités recourbées des ailes d’avion, les ailerettes, qui permettent d’économiser du carburant. Elles sont inspirées des ailes de rapaces)


           


B)       Le labyrinthe des cathédrales : 

C'est le  dessin de l’appareil génital féminin.




C) Le mythe de Thésée combattant le Minotaure : 

C'est la description de la gestation humaine au sein d’un labyrinthe qui représente l’appareil génital féminin.





D) Le mythe de Thésée combattant le Minotaure analysé à travers le prisme des nombres, 


La scène se déroule au centre d’un labyrinthe représentant une matrice, dans un corps de femme, la cathédrale.


Que nous apprend le mythe de Thésée ? Le Minotaure serait le fruit des amours coupables de Pasiphaé, épouse de Minos, avec un taureau. Pour se débarrasser de ce témoin gênant lui rappelant son infortune, Minos enferme le monstre mi-homme mi-taureau dans un labyrinthe construit par Dédale, un architecte expert en la matière.
Malheureusement, le Minotaure ne s’y tient pas tranquille et Minos est contraint, pour l’apaiser, de fournir chaque année au monstre qui les dévorera, sept jeunes garçons et sept jeunes filles vierges.

Décodons : Au centre de l’appareil génital féminin est enfermé un monstre qui n’est apaisé que s’il dévore tous les ans 7 garçons et 7 filles, soit 14 enfants.

Raisonnons : Si le monstre dévore un enfant, il fait couler le sang, ça laisse des traces qui doivent être visibles. Ce sont les règles.

Calculons : 13 X 28 jours (durée d’un cycle menstruel) = 364 jours, soit un an (à un jour près). Dans l’année, le monstre ne dévore donc que 13 enfants sur les 14 qui ont été mis à sa disposition. Thésée, le père, ayant réussi à vaincre le Minotaure, avec sa lance, le 14 ème enfant vient au monde à la fin du combat. Fille ou garçon, garçon ou fille ? Les astres décidaient par minotaure interposé, mais au départ 7 et 7, les chances étaient égales.

Et s’il y a encore des doutes au sujet de cette explication, ils vont être balayés. En effet à Chartres le labyrinthe est matérialisé au sol à l’aide de 273 pierres blanches. La tradition populaire nous apprend qu’une pierre blanche sert à marquer les jours mémorables. Le parcours représenté fait donc référence à 273 jours mémorables. 273 jours représentent la durée moyenne d’une gestation dans l’espèce humaine, soit exactement 9 mois.

Le labyrinthe dans une cathédrale donne donc le dessin anatomique de l’enceinte où nait la vie, il indique la durée précise du séjour nécessaire, il précise même que l’utérus est bifide (fendu en deux) ce que la faculté de médecine ne sait que depuis deux siècles environ. Le mythe quant à lui raconte par le menu ce qui s’y passe, de la fécondation à la naissance de l’enfant.

(Extrait de « Une cathédrale se dévoile » aux Éditions du Rhin – Février 2004)


E) Le dolmen mégalithique :  (IIIe millénaire av. J.-C.)

Il représente un utérus greffé à Gê, la Terre-Mère. Loge maçonnique avant l’heure, c’est une première application du biomimétisme  combiné à « l’art royal ».

La démarche est ancienne apparemment, puisque à Essé, il y a 5000 ans, on la mettait déjà en pratique en faisant intervenir des fées dans la construction de l’ouvrage. Elles transportaient les pierres dans leur « devantière », ce tablier que l’on peut transformer en « poche sous la ceinture », en en rassemblant les coins. Ce faisant, elles pratiquaient ce qu’on nomme en franc-maçonnerie l’art royal. Cela consiste à réaliser un projet en utilisant un outil qui a la forme du projet. Ici, les fées utilisent leur utérus (leur poche sous la ceinture) pour construire l’utérus de Gê.







F) Ce pétroglyphe : 


Une vulve sculptée sur les parois de la caverne naturelle et protectrice, pour affirmer qu’elle est bien l’utérus de Gê.





G) Le rituel maçonnique : 


Un rituel qui témoigne de la nostalgie des origines, symbolisée par la devantière des frères et des sœurs au travail sur les colonnes. Ce tablier des fées que l’on peut transformer en « poche sous la ceinture » en en rassemblant les coins, devient ainsi l’outil-utérus pour bâtir la loge-utérus, un temple, dans la mise en œuvre de l’art royal.








H) L’étoile flamboyante, symbole majeur de la maçonnerie :


Elle symbolise le mythe de l’éternel retour à ces origines,  matérialisé par le rétablissement du symbole de l’utérus
 (dans le symbole de l’Homme, le pentagramme (). 

Il s’agit ici du retour dans la caverne protectrice, cette aspiration chevillée  dès l'origine dans les profondeurs de l’Homme. Avec le temps son sens originel a été  perdu, mais les symboles témoignent.









Dès l’aube de l’humanité, la caverne naturelle qui apportait à l’Homme la sécurité, la protection contre le froid et les grandes chaleurs, et un certain confort de vie, a été perçue comme l’équivalent d’un utérus. L’Homme alors n’a eu de cesse de le fréquenter. Dans quel but ? Se revivifier en y puisant les bienfaits que cet organe peut procurer à ceux qui séjournent en son sein. Et lorsque la nature ne le lui offrait pas à proximité, et parce qu’il « s’y sentait bien »,  il le construisait, comme à Essé.
Cette fréquentation plus ou moins épisodique finit par être ritualisée et un culte par s’y développer. Cette caverne devint un « temple ».

Les religions ont par la suite copié le principe de la « caverne protectrice et régénératrice » jusque dans les moindres détails pour lui donner plus d’efficacité, accentuant ainsi la ressemblance avec l’original, le corps féminin.

I)    Le culte catholique dans la cathédrale :

Une célébration des trois tabous fondamentaux de l’humanité pour les assumer. En effet pour le fidèle qui participe à la messe, il pratique l’inceste en rentrant dans le sein de sa Mère (l’Église), il reconnait, par le Mea culpa, le meurtre de son Frère (le Christ) et il s’adonne à l’anthropophagie en mangeant son corps lors de la Communion (Corpus Christi).





J) La rosace (initiatique) : 


Le centre du périnée magnifié sur la façade occidentale des cathédrales. D’abord sous forme d’une mandorle conforme au modèle,  une vulve comme pour l’église Notre-Dame-La-Grande à Poitiers, puis pour des raisons de résistance mécanique, sous forme de cercle pour la plupart des cathédrales.

L’étymologie populaire* (les traductions en vert ci-dessous) lève toutes les ambiguïtés à son sujet.





* Étymologie populaire :

Regroupement instinctif des mots en familles supposées, et principal moteur d’évolution du vocabulaire, selon Jacqueline Picoche agrégée de grammaire et docteur d’État, professeur honoraire de l’Université d’Amiens.



K) La Madone : 


La sublimation d’un fantasme intimement associé à la grotte.




Ici la grotte sert d’abri à la Vierge qui ressemble sacrément à la vulve gravée sur l’Abri Blanchard et avec le réalisme anatomique en plus.


Le dessin de la Madone résume 35000 ans de l’histoire du monde.



L) Le péché originel de Michel-Ange : 


On notera qu’en italien, fico = figue et fica = sexe féminin.


La fresque suggère ce qui ne manquera pas de se produire, une fellation,  lorsqu’Ève aura saisi le phallus que Satan lui met en main. Satan ici est une femme-serpent, c'est Lilith, ce double pervers d'Ève, première femme d'Adam suivant la légende juive. Elle se nourrissait de sperme.

Détail :
Lilith transmet de la main à la main un phallus doté de ses bourses



Détail :
Lilith puise le sperme à la source
Et Adam est représenté là en premier des damnés



M) L’immaculée conception : 

Un cas somme toute banal, révélé par la fresque de Michel-Ange au plafond de la Chapelle Sixtine.



(Extrait de « Une cathédrale se dévoile » aux Éditions du Rhin – Février 2004)


N) La franc-maçonnerie :

Quant à la Franc-maçonnerie, elle a repris l’idée de l’enceinte revivifiante. Dans le but d’améliorer, voire parfaire, individuellement et collectivement ses membres, elle s’est donné le moyen de réactiver, au  profit de ses adeptes, une gestation brutalement interrompue au moment de leur naissance au monde. Elle a mis en place des loges-utérus où le travail de gestation, qui reprend, s’accomplit grâce au rituel qu’on y pratique.
Lorsqu’on y pénètre pour la première fois, lors de l’initiation, il faut se contorsionner comme pour entrer dans le monument de la Roche aux Fées à Essé, c’est-à-dire comme pour une naissance à rebours. À ma connaissance il n’existe pas de rituel maçonnique prévoyant une sortie de ce type. J’en conclus qu’un initié l’est pour la vie et qu’il devra consacrer le reste de ses jours à devenir meilleur. D’autres diraient « à gagner son ciel ».



Ici la grotte est omniprésente et son caractère féminin est affirmé comme on peut le voir ci-dessous.


Le tableau se lit de bas en haut et de droite à gauche.













O) Le rayon vert de Strasbourg :

Une lumière qui crée le temps par son action sur la chair(e), comme par son action sur la matière elle crée la vie. Ce faisant, elle constitue  l’horloge biologique régulant les fonctions vitales à l’intérieur de ce corps vivant, la cathédrale.
Ce phénomène très spectaculaire a probablement été créé en 1875, à l’occasion de la restauration des vitraux du triforium méridional, suivant les instructions de Gustave Klotz, architecte de l’Oeuvre Notre-Dame, et membre de la respectable Loge symbolique « Les Frères Réunis » du Grand Orient de France à Strasbourg.


Photo : David Emmel                                     


P) Les premières religions :

Quant aux premières religions, elles essayèrent d’apporter à l’angoisse devant la mort et au manque de sécurité vécu au quotidien, une réponse simple mais rassurante. Elles imaginèrent une divinité qui serait à l’origine de tout, qui serait la réponse à tout, et qui garantirait ce ciel, le « retour aux origines ».
Par la suite, des malins se sont proclamés « porte-parole » de la divinité  prenant ainsi l’ascendant sur leurs semblables. Et ils ont été suivis.
Voilà comment la solution simple est devenue le problème majeur de l’Humanité :

des religions qui rivalisent entre elles et qui font son malheur.


Mais le « Mythe » n’a pas pour autant disparu. Il a subsisté dans les symboles. Il suffit d’ouvrir les yeux pour les découvrir, et à travers eux, pouvoir accéder à l’Epitome historiae mundi.



Q) Epitome historiae mundi :






Pour la récapitulation, « Une cathédrale se dévoile » ou le fondement 
d’une religion mise en pleine lumière, sur

http://rosartundici.blogspot.fr/2016/08/planche-2016-pour-lalliance-francaise.html
 
Une possible explication à ces décryptages, « Les miradors » dans Chronique 
d’une famille lorraine, les Rosart de Lezey en Moselle »


Vendenheim, le 22/09/2017
Équinoxe d’automne
                                                                      Maurice Rosart :.
10, rue Brandt
67550 Vendenheim

Courriel : maurice.rosart@free.fr



mercredi 10 mai 2017

« Naissance et dégénérescence des Cathédrales »

Une nouvelle conférence de Maurice Rosart

« Naissance et dégénérescence des Cathédrales »

Ou comment une grande et belle idée a été traduite en  monuments historiques d’autant plus admirés que leurs millions de visiteurs annuels n’y voient que du feu.


     Une méthode : - « Rassembler ce qui est épars »
      - La méthode maçonnique par excellence. Elle consiste à rassembler tout ce qui se ressemble dans les cultures, les traditions (traductions-trahisons), les langues, les religions, la littérature, l’histoire, les mythes, les contes, les légendes, les chansons, les dictons, les proverbes, les blagues ... etc. pour en dégager les idées sous-jacentes communes et les comprendre dans le but de se les approprier et retrouver ainsi « La Parole Perdue »*.                 (Ex. Esculape)

     Deux concepts-outils : 1 - Le « biomimétisme »
      - Démarche tout à fait rationnelle qui consiste à reproduire artificiellement les propriétés essentielles traduites dans les formes d’un système biologique pour en récupérer tous les effets.   (Ex. Extrémités recourbées des ailes d’avion, les ailerettes, qui permettent d’économiser du carburant. Elles sont inspirées des ailes de rapaces)


                                2 - L’ « étymologie populaire »
       - Selon Jacqueline Picoche, agrégée de grammaire de  l’Université d’Amiens, c’est le regroupement instinctif des mots en familles supposées et le principal moteur d’évolution du vocabulaire.    (Ex. Remède de bonne femme – L’avoir dans l’os – Se mettre sur son trente-et-un)

     Trois rappels :   1 - Le « corps humain » est temple de Dieu.                 
                     « Détruisez ce temple, en trois jours je le rebâtirai ». (Fameuse parabole    de Jésus qui parlait du temple de son corps)

                                2 - La cathédrale est une « église ».
    « Cathédrale » est un adjectif substantivé qui signifie « église-cathédrale ».


      3 - L’« Église » est notre mère et l’épouse du Christ.
                       « Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église en se livrant pour Elle ». Lettre de Saint Paul aux Éphésiens, V, 25.
(L’allégorie est reprise par la rhétorique du Vatican qui fait de l’Église catholique l’Épouse du Christ et la Mère de tous les fidèles, qui sont donc enfants de Dieu)

      Le monument historique                                     La belle idée   


Fasciné par ce corps féminin si plein de mystère et au lieu de vénérer la Femme, l’Homme s’inventa un dieu qui habiterait ce corps. En se mettant à adorer le dieu qu’il a lui-même créé, l’Homme devint religieux et misogyne, et pour tout dire « un peu con ».   

                               Il a tout faux évidemment mais n’en a pas conscience.

* « La Parole Perdue », lorsqu’elle est retrouvée, devient « La Parole Véritable ».

- Dans notre culture moderne nous arrivons à communiquer entre nous et à nous faire comprendre parce que nous utilisons des mots que nous avons en commun. Nous leur donnons le sens « officiel », qui généralement se trouve dans le dictionnaire. Cela permet de nous entendre, mais pas forcément de comprendre le monde dans lequel nous vivons.

- Or les mots  qui viennent du fond des âges, dans leurs consonnes, véhiculent bien souvent un sens « primitif » très éloigné de celui qu’ont codifié, dans leur ignorance, les académiciens. Retrouver ce sens nous permet de voir le monde qui nous entoure sous son vrai jour, et de mieux nous y situer.

«La Parole Véritable» nous donne alors accès à la connaissance de soi en nous disant où nous sommes, donc qui nous sommes.

Pour la suite, voir : « Une cathédrale se dévoile »  3ème édition, aux Éditions du Rhin – La Nuée Bleue – DNA, à Strasbourg.             
Le 20 mars 2017, équinoxe de printemps 

Maurice Rosart 
                                                                       

mercredi 3 août 2016

Marie et Joseph, frère et soeur et en concubinage notoire. Quid alors de l’enfant Jésus ?


Marie et Joseph, frère et soeur et en concubinage notoire.
Quid alors de l’enfant Jésus ?



Les difficultés rencontrées pour faire admettre que le rayon vert de Strasbourg résultait d’un acte volontaire, m’ont obligé à approfondir quelques données de son contexte. Certaines observations peuvent poser un problème en rapport avec l’Histoire Sainte telle qu’elle est traditionnellement présentée. Rien de bien grave, mais peut-être ne faut-il pas chercher de la logique là où il ne peut y en avoir. Rien n’interdit cependant d’essayer. Et c’est instructif.

Dans la « guéguerre » du Rayon Vert avec ses détracteurs, en 1997 l’artillerie lourde a été utilisée contre ce montage optique particulièrement spectaculaire, et pour tout dire génial. Pour le défendre, je me suis trouvé dans l’obligation de me pencher sur l’agencement des vitraux du triforium de la cathédrale pour contrer un tract diffusé à l’intérieur du monument. Ce papier intitulé : « LA VÉRITÉ SUR LE FAUX RAYON VERT » méritait une réponse étayée.

À partir de l’étude de Louis Tschaen publiée sous le Titre « À propos de l’ordonnance actuelle des vitraux du triforium » dans le Bulletin de la Cathédrale de Strasbourg N°XVIII-1988, j’ai pu mettre en évidence certaines informations utiles pour la défense du Rayon Vert. Mais aussi d’autres informations incidentes.

Rappel des faits

À l'équinoxe d'automne 1997, comme on pouvait s'y attendre après deux revirements de l’Église locale, le rayon vert ne figure plus au programme officiel des Journées Portes Ouvertes dans les Monuments Historiques et la campagne de dénigrement reprend. (Voir : 



Le conseil de fabrique diffuse à l'intérieur de la cathédrale un prospectus datant de Mars 97 comportant des informations erronées. Le document émane du bien-pensant qui s'était déjà fait remarquer en affichant son ignorance, (confusion de Juda avec Phares).



À la lecture du tract on découvre que le rédacteur BGR (?) ne sait pas lire la généalogie représentée au triforium. Il confond Juda le père, avec Phares le fils, tout comme Bruno Royet précédemment. En fait BGR, qui signe le tract, c’est lui comme on pouvait s’en douter. Au conseil de fabrique, le spécialiste des vitraux ne sait pas lire la généalogie affichée dans la cathédrale.

Pourtant il aurait suffi de se reporter au dernier ancêtre de cette généalogie "ascendante", pour constater que l'inscription "qui fuit Juda" se rapporte bien à Phares, le fils, mais qu'elle est tout entière positionnée au-dessus de la tête de Juda, le père représenté en dessous.




Explications

En fin de généalogie, l’inscription au-dessus du premier personnage représenté après Dieu, "qui fuit Adam", signifie "issu de Adam". On parle donc de Seth son fils représenté à sa gauche, (à droite pour l'observateur). Elle ne permet aucune contestation. On remarquera aussi au passage que dans cette logique, Dieu qui ne porte pas la mention « qui fuit », n’est pas le père biologique d’Adam. Rien à redire.

Et s'il y avait malgré tout encore un doute sur l’interprétation de la mention «qui fuit », en se reportant à l'autre extrémité de la généalogie on y trouverait la confirmation. Ainsi, à côté du vitrail de Jésus, à gauche pour l'observateur, et pour le personnage représenté, à sa droite, se trouve Ioseph qui n'a pas la mention "qui fuit", parce que Jésus n'est pas le fils de Ioseph, du moins dans la version officielle. 

À gauche du vitrail de Ioseph se trouve un personnage au-dessus duquel est portée l'inscription "qui fuit Heli". "qui fuit" se rapporte donc à Ioseph, et "Heli" se rapporte au personnage représenté en-dessous, le père de Ioseph. C'est valable évidemment aussi pour les 73 autres ancêtres représentés. C'est un peu compliqué, mais c'est incontestable.

Et c'est là qu’apparaît le problème.

Car ce qui est contestable, mais en parler est déjà blasphématoire, c'est la généalogie elle-même puisqu'il n'y a pas de lien de filiation paternel entre Ioseph, descendant de David et Jésus. Ce n'est donc pas une authentique généalogie mais un  tour de passe-passe présenté comme un miracle, de plus agrémenté d'un zeste de misogynie. En effet pour relier Jésus à David on aurait pu choisir de mentionner Marie, la mère moins contestée, à la place de ce conjoint bafoué. C'eut été possible puisque Marie descend elle aussi de David.

L'hypothèse que la généalogie lucanienne serait celle de Jésus par Marie sa mère, fils ou descendant « d’Héli, de Matthat, … de Nathan, de David, de Jessé, …, d'Abraham, ... de Noé, ... de Seth, d’Adam, de Dieu. » a été défendue notamment par Annius de Viterbe au début du XVIe siècle11.

On notera aussi que : Saint Irénée a affirmé à plusieurs reprises que Marie était
elle-même descendante de David et que « C’est de Marie encore vierge qu’à juste titre il (Jésus) a reçu cette génération qui est la récapitulation d’Adam. »12. 

Dans le récit de l’Annonciation, l’ange dit à Marie : « Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père »13 ; Jésus ne peut être « fils de David » que par Marie, puisque quelques instants plus tard nous apprenions qu’il serait conçu du Saint-Esprit. Saint Irénée devait répéter que Marie était ce « sein de David », prédit par le psaume pour porter le Fils de Dieu14.

Enfin dans le Talmud, Marie, mère de Jésus, est formellement identifiée comme « fille d’Héli »15,16. Héli, diminutif d’Eliacin (« Dieu élève »), pouvant être l’équivalent de Joachim (« Yahvé élève »), nom attribué par la tradition au père de Marie.)

Si on suit bien Saint Luc, Saint Irénée, Annius de Viterbe et le Thalmud, Joseph et Marie qui sont tous deux descendants de Héli, de Matthat, .... de David, sont frère et soeur. Dans ce cas rien d'anormal dans le fait que Marie soit restée vierge puisqu’elle n’est pas mariée et vit avec son frère.

Mais voilà qu’un ouvrage récent sème le trouble dans les esprits en annonçant de manière à peine voilée, que Jésus est le fils de Joseph. Et pour bien enfoncer le clou, le charpentier porte la mention « qui fuit » réservée aux pères biologiques dans la généalogie du triforium.


En effet, dans le livre


La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, "1000 ans de Parole" 
(de Michel Wackenheim et Bernard Eckert paru aux Éditions du Signe)



page 80, on peut lire : Joseph. Ancêtre de Jésus selon Saint Luc 3,23 « Jésus avait environ trente ans lorsqu’il commença son oeuvre. Il était, à ce que l’on pensait, fils de Joseph, qui était fils de Éli » (Luc 3,23). Père légal de Jésus, Joseph est « un descendant du roi David » et le fiancé de Marie (Luc 1,27). Charpentier (Matthieu 13,55). Il habite Nazareth. 
En face, page 81, une photo d’un vitrail du triforium nord représentant la tête d’un personnage avec la mention « qui fuit Josef ».

Voilà qu’on affirme dans ce livre, photo à l’appui, que Jésus est le fils biologique de Joseph, justifiant la précision de Luc « à ce que l’on pensait ».

Mais dans la généalogie représentée au triforium de la cathédrale de Strasbourg, la mention « qui fuit » est réservée aux géniteurs pour leur fils biologique. C’est si vrai que le premier personnage représenté à côté du Christ ne porte pas la mention « qui fuit ». Elle n’apparait qu’au-dessus de Héli, le voisin immédiat de Joseph. On peut donc en déduire que Joseph est bien le fils biologique de Héli, mais que Jésus n’est pas le fils biologique de Josef. Ce qui est conforme à ce que nous enseigne le nouveau testament.

Cela entraîne que, ou la photo mise page 81 n’est pas celle du charpentier mais celle d’un autre Joseph représenté au triforium nord, ou bien, là est le problème inavouable qui aurait conduit Luc à passer par Joseph et non par Marie pour relier Jésus à David. Le problème ?



Jésus serait le fruit d’un inceste.

La précision de Luc 3,23 « Il était, à ce que l’on pensait, fils de Joseph, qui était fils de Éli » prend tout à coup de l’importance.

Alors, scoop ou lapsus calami ? Le résultat est un peu le même. Ça va énerver les académistes. Tant mieux ! C'est relevé ici pour cela.

Le rapprochement des informations que donne la généalogie du Christ représentée au triforium avec celles contenues dans le livre « 1000 ans de Parole » nous a fait découvrir que la naissance de Jésus, indépendamment de la version officielle retenue pour la postérité, a dû faire la une des journaux locaux de l'époque. Dommage que l'INA n'existât pas. 

Annexes

A) - Voici deux tableaux extraits de l'étude de Louis Tschaen, "À propos de
l'ordonnance actuelle des vitraux du triforium", publiée en 1988 dans le «Bulletin de la Cathédrale de Strasbourg" N° XVIII, et qui m'ont amené à ces conclusions suite à la sortie du livre de Michel Wackenheim et Bernard Eckert. Ils donnent la liste des ancêtres selon Luc l’Évangéliste. 
Ils sont annotés avec mes commentaires personnels bleus ou rouges.





On remarquera que Louis Tschaen a repéré dans la colonne (b) les ancêtres qui ne sont pas à la bonne place. Ainsi 28 d'entre eux, sur un total de 76, sont mal positionnés, soit près de 37%. Ce n'est pas glorieux pour le responsable de leur mise en place. Mais heureusement Juda est à sa place. Une possibilité de contestation de moins pour les grincheux du rayon vert.

B) - Une référence de plus pour nous remonter le moral, le prophète ISAÏE, (11-1 et 2) :

« Or, un rameau sortira de la souche de Jessé / un rejeton jaillira de ses racines. Et sur lui reposera l'esprit du Seigneur ».


Le rayon vert, tel qu'il est réalisé, illustre à merveille cette prophétie de l'Ancien Testament.

rameau = vert,

souche de Jessé = Juda,

rejeton = le Christ, dont la tête est touchée par le rayon qui symbolise ici l'esprit du Seigneur,


ses racines = le pied de Juda.

                                À Vendenheim, le 31.01.2015

                                                     Maurice Rosart